Voici le texte d'Appien,
tiré de son ouvrage "Histoire des Guerres civiles",
concernant Spartacus. "A
cette même époque, parmi les gladiateurs entretenus
à Capoue par les Romains et destinés aux jeux du cirque,
se trouvait un Thrace, nommé Spartacus, qui avait autrefois
servi dans l'armée, et avait été fait prisonnier
et vendu. Il persuada 70 de ses camarades de braver la mort pour
recouvrer la liberté, plutôt que de se voir réduit
à servir de spectacle dans les arènes des Romains
; et, forçant ensemble la garde chargée de veiller
sur eux, ils s'échappèrent. Spartacus et sa bande
s'armèrent avec les armes de tout genre dont ils dépouillèrent
quelques voyageurs, et se retirèrent sur le mont Vésuve.
Là, plusieurs esclaves fugitifs et quelques hommes libres
des campagnes vinrent se joindre à lui. La justice rigoureuse
qu'il mit dans la distribution et dans le partage du butin lui attira
rapidement beaucoup de monde. ... Les Romains ne pensaient
pas que ce dût être une guerre dans toutes les formes.
Ils croyaient qu'il suffirait contre ces brigands d'entrer en campagne.
Varinius Glaber et Publius Valerius furent successivement vaincus.
Après ces succès, le nombre des adhérents de
Spartacus s'accrut encore davantage, et déjà il était
à la tête d'une armée de 70 000 hommes. Alors,
il se mit à fabriquer des armes et à prendre des dispositions
militaires dans toutes les règles. Rome, de son
côté, fit marcher les consuls avec deux légions...
Spartacus les attaqua tour à tour, les vainquit l'un après
l'autre et ils furent obligés tous les deux de reculer en
désordre. Spartacus immola... 300 prisonniers romains; et
son armée se montant à 120.000 fantassins, il prit
rapidement la route de Rome, après avoir brûlé
tous les bagages dont il n'avait pas besoin, fait passer au fil
de l'épée tous les prisonniers et tuer toutes les
bêtes. de somme, pour ne pas ralentir sa marche. Beaucoup
d'autres esclaves prirent son parti, et vinrent grossir son armée,
mais il ne voulut plus admettre personne. Les consuls retournèrent
à la charge contre lui dans le pays des Picènes...
il furent vaincus encore une fois.. Malgré ce succès,
Spartacus renonça à son projet initial de marcher
sur Rome, parce qu'il sentit qu'il n'était pas assez habile
dans le métier des armes, et que ses troupes n'étaient
pas convenablement armées, car nulle cité ne le secondait.
Toutes ses forces consistaient en esclaves fugitifs et en aventuriers...
Il y avait déjà trois ans que durait cette
guerre, dont on s'était moqué d'abord ; dont on ne
parlait qu'avec mépris comme d'une guerre de gladiateurs
; mais quand il fut question de confier le commandement à
d'autres chefs, nul ne se mit sur les rangs, sauf Crassus... Il
marcha contre Spartacus à la tête de six nouvelles
légions. A son arrivée au camp, il fit décimer
les deux légions qui avaient fait la campagne précédente,
pour les punir de s'être si souvent laissé vaincre...
Spartacus fut enfin blessé à la cuisse par
une flèche. Le reste de son armée, en désordre,
fut mis en pièces. Le nombre des morts du côté
des gladiateurs fut incalculable. Il y périt environ 1.000
Romains. Il fut impossible de retrouver le corps de Spartacus. Les
nombreux fuyards cherchèrent asile dans les montagnes. Crassus
les y poursuivit. Ils se partagèrent en quatre bandes, luttant
alternativement jusqu'à extermination complète, à
l'exception de 6.000 d'entre eux, qui, faits prisonniers, furent
mis en croix le long de la route de Capoue à Rome."
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