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4. Le triomphe du sport de masse |
Les Romains vociférant sur les gradins sont les ancêtres de nos supporters actuels. Aficionados survoltés, répartis selon les équipes dans les travées, et présents aux entraînements: le Colisée ressemble à s'y méprendre à nos grands stades. |
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L'origine religieuse des munera Les combats de gladiateurs ont été à l'origine organisés par différents peuples d'Italie du Sud lors de cérémonies funéraires. Au milieu du III siècle av. J.-C., ils pénètrent a Rome et le sénat les officialise en 105 av. J.-C. Peu à peu, ils perdent leur caractère sacré pour devenir des manifestations laïques au début de l'ère chrétienne. C'est alors que le régime impérial prend la haute main à Rome sur l'organisation des munera et réglemente très strictement l'accès à l'organisation de ces combats. A côté des combats entre hommes, apparaissent les venationes ou chasses, luttes d'hommes contre des animaux ou entre animaux. Jules César inaugure un nouveau type de combat, la naumachie ou bataille navale : sur un bassin artificiel, deux flottes reconstituent une bataille historique. Ne pas confondre munera et ludi A
la différence des jeux, ludi, annuels, constitués de représentations théâtrales et de courses de char dans
le cirque et célébrés à date fixe
lors des Grands Jeux romains, il n'y a pas de calendrier précis pour les munera qui restent, jusqu'à la fin de l'Empire, ce qu'ils étaient à l'origine un cadeau offert au peuple par l'empereur à Rome, par un magistrat municipal dans les villes de l'Empire à l'occasion d'un événement particulier. Leur fréquence est donc irrégulière Auguste a donné des munera à quinze reprises pendant son règne, Néron et Domitien, sept fois, mais Tibère et Caligula, seulement trois fois. Il faut dire que les combats de gladiateurs sont des spectacles fort lourds à organiser et qu'ils durent plusieurs jours. C'est ainsi que Trajan, pour fêter sa conquête de la Dacie, offre des munera d'une durée de 123 jours, dans lesquels on présente 10 000 gladiateurs. Le cérémonial des combats de gladiateurs comporte des phases bien distinctes. La veille, les hommes participent à un grand repas offert par l'organisateur des jeux. Le public peut venir assister à cette cena libera et juger ainsi de la forme physique des lutteurs. Le lendemain, avant le combat, ces derniers défilent dans l'arène au son des cors et des trompettes. Les magistrats, vêtus de
le festin des gladiateurs Le jugement du public Des séances
d'échauffement précèdent le combat. Plusieurs couples
de gladiateurs s'affrontent simultanément sur l'arène.
Les arbitres, reconnaissables à leur
tunique blanche portant une large bande rouge ou bleue, surveillent
la régularité des coups échangés. Lorsqu'un combattant est mis en infériorité, il
lève la main pour s'en remettre au jugement du public. C'est le moment bien connu où la foule soit renverse
le pouce pour demander la mort de l'homme, soit lève le pouce
pour qu'il soit renvoyé vivant hors de l'arène. On
a estimé que chaque gladiateur risquait une fois sur dix
d'être égorgé. Pendant la journée, des
pauses sont ménagées entre les combats. On fait entrer
sur la piste clowns, équilibristes et animaux savants
qui distraient le public en attendant la reprise du munus.
le laniste (au centre) surveille la régularité de l'affrontement entre le rétiaire (à gauche) et le gaulois (à droite) Marc-Aurèle institue des tarifs précis Le
monde de la gladiature est un univers où de fortes sommes d'argent sont en jeu. Les lanistes, à la fois propriétaires et entraîneurs, achètent, louent ou vendent
à très haut prix les hommes de valeur qui se sont déjà illustrés sur le terrain. Une législation d'Auguste interdit à un Les gladiateurs peuvent s'enrichir Les meilleurs des gladiateurs peuvent de leur côté amasser de véritables fortunes. Ils reçoivent des récompenses pour leurs victoires, des primes données par l'organisateur du munus. Pendant la durée des spectacles, les empereurs, pour s'attirer les faveurs du public, n'hésitent pas à distribuer aux combattants vainqueurs des pièces d'argenterie ou des cadeaux de valeur. Des spectateurs placés selon leur classe sociale Sur
les gradins, les spectateurs sont placés selon leur appartenance sociale. Dans la couronne du bas, resplendissent les toges blanches des sénateurs et des chevaliers, plus haut le petit peuple, en vêtement brun Le peuple est roi pendant les combats Il
est certes abusif de considérer que la plèbe romaine
n'a eu qu'un seul désir, selon le mot du satirique Juvénal, «du pain et des jeux». Cependant, il est
vrai que, sous l'Empire, les munera comme les courses
de chars dans le cirque, monopolisent l'attention de la multitude.
C'est le peuple qui est roi pendant les combats. C'est lui qui décide
de la vie et de la mort des gladiateurs. Face à lui, l'empereur
doit savoir répondre à sa demande et, à travers
les gladiateurs, c'est le prince qui est applaudi ou hué.
La passion soulevée |
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